HIPSTA - Kill My Hipsta

Hipsta est en mouvement !

 

Au début était l’envie… Celle d’en découdre avec l’image lisse, papier glacé, des groupes de rock qui font la gueule pour entrer dans un carcan désuet, mais surtout l’envie de produire une musique moderne, précise et sans artifice technologique.

Cette pulsion instinctive naît en 2012, lors d’une soirée parisienne au bar La Perle, véritable couveuse à hipster à cette époque. Arno, Thomas et Yann un peu là par hasard au milieu de ce carnage capillaire, sont alors spectateurs d’un groupe inconnu -critère obligatoire pour être programmé dans ce genre de soirée- et assistent à un concert glacial, blasé et sans aucun message. Trop c’est trop… A la sortie, alors qu’une bonne moitié du public vapote et fait de la philosophie de comptoir pseudo intello, c’est cigarettes au bec qu’ils décident en un regard complice d’aller à l’encontre de cette mouvance.

 

Pourquoi travailler plus son attitude que son art ? Comment donner une chaleur organique et dans l’air du temps à une époque où la musique est de plus en plus synthétique ? Comment raconter une histoire sur une musique qui donne envie de danser et comment avoir le même rendu musical qu’un mec donnant un concert solo en jouant de la barre d’espace de son ordi ? La réponse a coulé de source pour les deux compères : se créer un entourage proche hyper compétent et prêt à vivre à fond cette belle aventure. Musiciens de studio, Arno, Thomas et Yann connaissent du monde et contactent très vite Yann, Jeremy et David.

Dès la première répétition, une osmose musicale et sonore se fait autour des premières démos apportées par Arno. Un groupe né, il ne suffit plus qu’à lui trouver un nom. Clin d’œil et pied de nez au souvenir de cette soirée pseudo branchée, le nom HIPSTA leur vient comme une évidence. HIPSTA c’est la petite sœur moqueuse d’un grand frère portant la panoplie de rigueur du hipster et s’en revendiquant. N’étant pas hipster celui qui s’autoproclame l’être, les cinq membres clament, par ce nom, cette position de ne pas être un objet de mode mais un projet musical fait pour s’inscrire dans la durée.

Très vite, HIPSTA entre en studio pour enregistrer un EP conceptualisé comme un mini-album. Tous très amoureux des cordes, ils décident d’utiliser en fil rouge des variations et mouvements symphoniques. A travers les six morceaux de Kill My Hipsta, on retrouve différents personnages comme une aguicheuse cachée derrière un masque social (POSER), un hipster essayant de contrôle son image en permanence (Hip Paranoia) mais aussi un mirage amoureux qui aime à revenir (Jane Doe). Autant de destins différents racontés avec ironie mais accompagnés d’une pointe d’amertume.

Influencé par les lignes biomorphiques de Kandisky, la sensualité transpirante de David Bowie, l’énergie brute poético-crooner d’Arctic Monkeys et la puissance dansante de groupes rock fm américains comme The Killers, Hipsta a su condenser toutes ces sonorités en un rock au groove instinctif. La signature vocale y est très forte avec des accents comparables à des groupes comme One Republic, Phillip Phillips ou Bastille. Mais Arno a aussi sa patte, son swing et sait nuancer son chant pour donner toujours plus de relief et de profondeur.

Avec ce disque, HIPSTA arpente les salles de concert pour filer le sourire aux spectateurs et faire danser la foule tout en racontant une histoire. Tout est joué en live, cela évite les artifices et démontre avec énergie que le rock fonctionne tout aussi bien sans faire la gueule et avec de vrais instruments. Preuve s’il en est que cette formule fonctionne : la bête de live Shaka Ponk lui a demandé d’assurer la première partie de quelques dates de leur tournée actuelle.

HIPSTA est très bien lancé alors qu’il n’en est qu’à ses débuts. En mouvement et avec le sourire, encore, encore et encore.